Creed III


Idole de la boxe et entouré de sa famille, Adonis Creed n’a plus rien à prouver. Jusqu’au jour où son ami d’enfance, Damian, prodige de la boxe lui aussi, refait surface. A peine sorti de prison, Damian est prêt à tout pour monter sur le ring et reprendre ses droits. Adonis joue alors sa survie, face à un adversaire déterminé à l’anéantir.


Les gants trop grands

Note : 2.5 sur 5.

Il existe encore et toujours des franchises que l’on n’arrête plus. Celle de Rocky Balboa est l’une d’entre elles et on aura beau affirmer ce que l’on veut, cette saga a toujours eu pour ADN celle de l’étalon italien, avec ou sans ses gants. Ce n’est pas aujourd’hui que cela changera et nous trouverons suffisamment de raisons de regarder derrière notre épaule. Ce dernier opus le démontre très bien. La grosse nouveauté du jour est donc de revenir sur le ring, sans que Sylvester Stallone soit rattaché au projet, une première que semble vouloir soutenir le producteur et l’ayant droit Irwin Winkler. Michael B. Jordan évolue donc seul, dans un nouveau conflit personnel, après avoir donné un second souffle à son nom et après avoir vengé son père. Par ailleurs, il succède à Ryan Coogler et Steven Caple Jr. pour sa toute première réalisation, de quoi retenir toute notre attention.

Pourtant, il ne faut pas bien longtemps pour constater ce fameux rétropédalage, à la vue de cette ouverture en flashback, comme outil de justification sur le passé qui rattrape le héros. Le souci est que l’on souhaite y greffer deux arguments, l’un servant à huiler ce troisième opus, l’autre à redéfinir les bases tactiques d’Adonis Creed sur le ring. On sent une nette envie d’étouffer les éventuels dialogues avec l’héritage de Balboa, comme s’il n’avait pas eu d’impact sur le destin du jeune boxeur. Cette volonté traduit ainsi une rupture, qui s’embourbe dans un piège qui est dû à l’identité de la saga, indissociable de son icône. On en vient même à ranger le fiston d’Ivan Drago au placard, enterrant ainsi toutes les promesses de rédemption de Rocky. La nouvelle ère de Creed commence donc bel et bien ici, avec un récit qui n’ira pas s’excuser de s’aventurer aussi loin.

Malgré tout, cette audace possède ses limites. Adonis, à présent devenu un sponsor sur pattes à la retraite, doit confronter un camarade de jeunesse, Damian Anderson, qui a une revanche à prendre sur ses ambitions, à l’arrêt pendant ses dix-huit ans d’incarcération. Difficile de ne pas y voir un amalgame étrange entre Rocky 3 et 5, quand bien même ce film cherche à se démarquer sur d’autres points. Jonathan Majors donne cependant du punch à son avatar, venu de nulle part pour conquérir le monde à la force de ses poings. La récente tentative dans le MCU (Ant-Man et la guêpe : Quantumania) lui donne raison sur ce point, car il dégage une énergie différente, avec le sentiment de pouvoir changer les choses. Malheureusement, ce dernier n’est pas si bien servi par la petite histoire qu’on nous propose et qui peine à sortir du virage qui le fait tourner en rond.

Quand le temps est venu de mettre en scène la surdité, on ne fait qu’effleurer le handicap, ou bien on abuse de champ-contrechamps quand il n’y a pas de biceps à montrer à l’écran. « Creed III » n’est toujours pas un film sur la boxe et c’est de bonne guerre. Les combattants ont des traumatismes à panser, où les pugilats constituent le moyen d’y parvenir. Frapper pour les vaincre, c’est un peu devenu le credo de cette saga, qui ne renouvelle pas pour un sou ses valeurs. Personne ne le souhaite fondamentalement, mais c’est à l’image des émissions d’entertainment américain, toujours à la recherche d’un clash plus grand que le précédent. Sur cet aspect-là il faudra repasser, car il y avait cependant quelque chose que l’on ne peut arracher au volet précédent, pourtant plein de maladresses, que cet épisode ne possède pas, à savoir un combat mémorable.


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