Gueules Noires


1956, dans le nord de la France. Une bande de mineurs de fond se voit obligée de conduire un professeur faire des prélèvements à mille mètres sous terre. Après un éboulement qui les empêche de remonter, ils découvrent une crypte d’un autre temps, et réveillent sans le savoir quelque chose qui aurait dû rester endormi…


Mauvaise pioche

Note : 2.5 sur 5.

“Le huis clos est un exercice qui consomme beaucoup d’oxygène, du fait de l’espace réduit et d’une tension qui va crescendo. Mathieu Turi connait son affaire grâce à ses précédentes expériences. Si elles ne sont pas toujours concluantes, elles révèlent néanmoins une capacité à mélanger les genres. Gueules noires ne fait pas exception et nous invite à entrer dans un labyrinthe de calcaire horrifique, pour le meilleur et pour le pire.

“Direction le Nord-Pas-de-Calais, précisément sur le site minier d’Arenberg Creative Mine à Wallers et au musée de la mine de Bruay-la-Buissière. Ce dernier lieu a également été fréquenté par Claude Berri lorsqu’il a mis en scène Germinal. Étant donné que l’univers prend place aux côtés des mineurs des années 50, autant jouer le jeu à fond et la première partie est résolument une bonne reconstitution de leur environnement souterrain. Surnommés les « gueules noires » après avoir été marqués au charbon à chaque remontée, les mineurs sont finalement peu représentés au cinéma, hormis dans des films catastrophes notoires comme Les 33 de Patricia Riggen et dans des westerns, où les protagonistes se lancent dans une ruée vers l’or.”

“Et pour cause, une influence lovecraftienne traverse le récit, ce qui ne peut que décupler nos attentes autour de cette expédition. Malheureusement, les sensations espérées ne sont pas au rendez-vous. Après quelques amuse-bouches bien senties au moment de la révélation de la menace, la caméra de Turi ne parvient que très rarement à exploiter le hors-champ. Et c’est d’autant plus frustrant quand on identifie des références à Alien, le huitième passageret Predator. On finit par perdre de vue l’empathie envers le vilain petit canard de la bande, Amir, fraîchement débarqué du Maroc. Il est un gringalet que l’on a envie de suivre jusqu’au bout, car il est bien le seul à respirer l’humanité, même dans les moments de crise. Les autres membres du groupe ont une fonction archétypale, tout au plus. Pas de quoi voler la vedette aux intrépides spéléologues de The Descent.”

Quand bien même Mathieu Turi ne montre pas son meilleur jour avec Gueules noires, il démontre encore une fois sa rigueur pour créer un environnement unique. Manque encore une véritable profondeur horrifique à son cinéma, plutôt qu’un effroi de surface.

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Catégories :Aventure, Epouvante/Horreur, FantastiqueTags:, , ,

2 commentaires

  1. Ah mince, tu calmes quelque peu mon envie d’aller creuser dans cette direction. Je me disais que peut-être nous allions avoir un “The Descent” germinalisé à notre sauce. Visiblement, en France, on a du charbon mais pas beaucoup d’idées.

    • L’exposition autour et à l’intérieur des mines n’est pas inintéressante. On aurait envie de se frotter au charbon et au calcaire, le temps d’une descente.
      C’est vraiment le reste du film qui ne tient pas ses promesses. Il reste à digérer des influences Lovecraftienne et de Carpenter, qui ont vraiment du mal à passer pour ma part.

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