Sisu – De l’or et du sang


1944. Un soldat découvre de l’or dans les profondeurs sauvages de la Laponie. Lorsqu’il tente d’apporter son butin en ville, un escadron de soldats nazis dirigé par un officier SS brutal se met en travers de son chemin et une bataille pour l’or s’engage entre le mercenaire solitaire et les nazis.


Fury Gold

Note : 3 sur 5.

On sentait déjà une envie de mettre en scène de l’action bien bourrine dans Père Noël Origines, au-delà de son high concept, bien perché mais jouissif dans une certaine mesure. Avec Sisu, Jalmari Helander ne capitule pas, à l’image de son héros finlandais, un homme dont la rage de vivre est proportionnelle à sa cupidité. La ruée vers l’or n’est pas exclusive en Amérique et permet au cinéaste de poser le prétexte idéal pour croiser la route d’un prospecteur avec la terreur fasciste des années 40.

Tous les obstacles seront abattus, ça se lit dans le regard de Aatami Korpi (Jorma Tommila) dès la première fois qu’il tombe nez à nez avec un gisement d’or brut, qui scintille en plein jour. Ce n’est donc pas à un bataillon nazi, battant en retraite, que cet ancien vétéran abandonnera son lourd butin. Ce n’est pas sa guerre et pourtant, il rempile pour zigouiller chaque soldat SS qui le regardera de travers ou qui l’empêchera d’encaisser la mise de toute une nation détruire par ses envahisseurs. Le monde en est ruine, le monde est en feu et Helander jette de l’huile sur des plaines finlandaises qui n’ont pas encore eu l’occasion d’être irriguées de sang.

Tout le monde veut toucher sa retraite anticipée et cela passe par le déboulonnage en règle de plusieurs sbires de la Wehrmacht, que l’on cuisine à la sauce finlandaise. Aatami nous régale de sa détermination, prouvant au passage qu’il est suffisamment à l’épreuve des balles pour donner un coup de vieux à Rambo et ses dérivés. Le récit gagne à être efficace dans une économie de mots à outrance. On file à l’essentiel, d’où la courte durée des précédents longs-métrages d’Helander, où les péripéties s’enchaînent à une vitesse folle, quitte à surfer sur une marée caricaturale de méchants et de prisonniers qui n’attendent qu’une opportunité pour se mutiler. Et malgré le fait qu’on sur iconise trop souvent ou qu’on laisse retomber la pression entre deux chapitres, on prend un malin plaisir à assister au jeu de massacre.

À la vie comme à la mort, le héros puise dans sa force intérieure, un Sisu qui lui ordonne intimement de ne pas mourir. C’est en effet le cas. Papy ne fait pas que de la résistance en ce bas monde, où le combat à l’arme blanche, les fusillades qui dégénèrent, une course-poursuite à travers un champ de mines sont préférés aux bavardages et négociations inutiles. Il s’agit avant tout d’une expérience qui emprunte au meilleur de la série B, dans la veine d’une John Wick ou d’un Mad Max : Fury Road, toute proportion gardée car ce divertissement jouissif est éphémère.


Retrouvez également ma critique sur :

Catégories :Action, GuerreTags:, , ,

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :